Wouaaaaaah, je comprends pourquoi il y a tant d’arbre le long des rues ici : Le soleil est écrasant ! Je zigzage d’ombre en ombre pour éviter de me prendre un méchant coup de soleil. Dire qu’il n’est que 10h du matin…
Premier objectif, trouver l’université. Aujourd’hui c’est lundi et je vais remplir toutes les formalités scolaires. Hum… Trouver le campus est plus difficile qu’il n’y paraît, je ne vois de panneau indicateur nul part. J’ai bien jeté un coup d’œil sur le plan de la ville avant de partir, je ne suis pas sûr de moi. Au bout d’un quart d’heure, je finis tout de même par tomber sur le complexe sportif. Parfait ! Maintenant je vois à peu près où je suis.
Histoire de visiter un peu, je traverse le complexe. Colima est connu pour être l’une des villes les plus sportives du pays. Vu l’étendu du site ça ne m’étonne pas : Trois terrains de tennis, quatre de basketball, un gymnase qui contient un terrain et une grande salle de muscu, un petit stade d’athlétisme, deux terrains de football, un stade de football rapide (7 joueurs sur un petit terrain) et une piscine olympique en plein air. Et bien sûr le tout bien aéré avec des arbres partout (faut pas déconner, on est au Mexique quand même). Pas mal du tout j’ai envie de dire. Tout les jours vers 18h, quand la chaleur diminue, le complexe s’anime jusqu’à 22h : Des joggeur viennent courir, des exclamations du public viennent des différents stades, le gymnase et la piscine sont bondés,…
Arrivé au bout, je sort du complexe et me retrouve devant la fac de médecine. Bon, en fait je me repère pas aussi bien que ça. Je continue sur la gauche et finis par tomber sur une grande statue similaire à l’homme de Vitruve. J’en déduis que cela doit être l’entrée. Je monte et me retrouve devant un espace très vert où courent des écureuils. Bien bucolique tout ça mais je crève de chaud et je ne vois toujours pas le bureau des relations internationales. Et bien sûr toujours aucun panneau indicateur dans ce pays ! Je tourne à gauche et, miracle, le bureau est juste là ! Pfff, trop facile.
J’entre avec délectation dans l’air conditionnée du bureau. On me dit que Elisa, la personne qui s’occupe d’accueillir les étrangers est actuellement occupée avec un groupe de coréen. J’en profite pour rendre visite à Emilia, qui elle s’occupe des logements, et à qui je dois quelques sous pour m’avoir trouvé un toit ! Je suis bien surpris de la personne que je rencontre : Toute petite, plus typée asiatique que Jackie Chan et au fort accent, Emilia n’a rien d’une mexicaine. Elle m’accueille à bras ouverts en me disant qu’il n’y a pas de soucis, que je peux payer plus tard, que je ne dois pas m’embêter avec ce genre de détail immédiatement. Bon, ok. Sur ce, Elisa arrive. Beaucoup plus mexicaine qu’Emilia, elle ressemble plus ou moins à ce que j’avais imaginé : Grande, fine, aimable et prête à rire de tout. Elle m’invite à m’asseoir et me dit que j’arrive un peu tard. Hein ?! Et oui les cours ont commencé aujourd’hui ! Mais, le calendrier indiquait demain… Hum, bref, que dois-je faire ? Elisa m’explique alors que j’ai deux tâches à accomplir : Premièrement, aller à la Facultad de Telematica, ma faculté, pour établir mes horaires de cours avec le coordinateur général. Deuxièmement, j’ai un mois pour rassembler tout un tas de papiers, dont la liste est grande comme mon bras, et aller au service national de l’immigration pour m’enregistrer. Bien entendu, histoire de simplifier les choses, ce service se trouve dans une autre ville, à deux heures de route. Arg, heureusement que mes coloc doivent le faire aussi car je crois que je n’y arriverais pas tout seul. Quelques conseils supplémentaires et Elisa me laisse aller à ma faculté.
Wouh, quel design ! La Facultad de Telematica se compose de deux bâtiments : Le principal, avec le bureau de coordination et les amphis (petits, rien à voir avec ceux de l’INSA), et un secondaire nommé Posgrado Telematica qui détient des salles de classes et la salle de détente des professeurs. J’entre dans le bâtiment principal. Le lieu est spacieux et lumineux, quelques écrans sont accrochés au mur mais ne paraissent pas fonctionner et au fond, derrière l’escalier qui trône au milieu de l’édifice, j’entends le bruits caractéristique d’une partie de ping-pong. Directement à gauche en entrant, j’avise une salle qui me paraît être le centre de coordination. Mais pourquoi un nom comme ça ?
Depuis a peu près 5 ans, le système scolaire mexicain a pas mal changé. La faute à la réforme ABP (Aprendizaje a Base de Problema = apprentissage à base de problème). Ici, les élèves apprennent par eux-même, les professeurs sont là pour guider et doivent se rendre disponible pour les questions mais pas plus. Ils distribuent le travail à faire et attendent. Et ça je ne le savais pas en arrivant ! Le centre de coordination lui ne fait que “coordonner” les cours : en gros collecter les notes et accréditer les élèves sur la parole des professeurs. Inutile d’aller voir par ici pour savoir où est un professeur ou si tel cours est maintenu tel jour, ils n’en sauront rien ! Les élèves discutent directement de cela avec le professeur, allant même jusqu’à échanger adresses mail, MSN, Skype, Facebook ou Twitter. Paradoxalement, l’absentéisme est sévèrement réprimandé. Chaque professeur établi le pourcentage de la note finale du semestre, par exemple, 30% travail à la maison, 30% participation en classe, 40% examens. Ce qui se cache derrière les “30% participation en classe” c’est principalement la présence en cours. Mais ici tout ce négocie, si un élève parvient à convaincre le professeur qu’il ne viendra pas en classe pour une bonne raison, tout se passe bien.
J’entre et balbutie quelques explications à la secrétaire. Il va falloir que je m’améliore sérieusement avec la langue parce que je galère vraiment pour parler. Compréhensive, elle m’indique le bureau du coordinateur. Celui-ci m’accueille chaleureusement. Heureusement pour moi, lui au moins parle lentement et articule ! Nous établissons ensemble mes horaires de cours : 8 matières dans 4 groupes différents et pas de cours le lundi. A première vue l’emploi du temps me parait léger : Une moyenne de 5h par jour avec un jour libre. Aha, on dirait que j’ai trouvé le bon plan au Mexique ! Mais quelques jours plus tard je vais bien vite perdre mes illusions :
Avec le programme ABP, la charge de travail hors classe est bien plus importante qu’à l’INSA. Chaque cours nécessite investigations et travaux à la maison. Avec ma pauvre connaissance de l’espagnol ce n’est pas gagné… A tel point que j’ai contacté l’INSA pour me permettre d’enlever une matière. Un autre point embêtant est la diversité des groupes dans lesquels je suis en classe. Quand les élèves doivent travailler, ils se réunissent ensemble quand ils n’ont pas cours… mais moi la plupart du temps à ce moment-là j’ai cours avec un autre groupe ! Et quand eux vont en classe, moi je n’en ai pas. Difficile alors de se voir pour travailler. Je conseille donc à ceux qui viendront ici par la suite de minimiser au possible le nombre de groupes différents et de ne pas prendre la matière Hipermedia, pesante en terme de travail hors classe et pas forcément très intéressante. A part cela, les matières sont plutôt intéressantes et les professeurs disponibles quasi en permanence.

























